Le chef de la diplomatie américaine, Antony Blinken, a réitéré l’importance pour Haïti de s’engager rapidement sur la voie des élections, lors d’une rare visite dans ce pays en proie à une crise profonde. La visite, hautement sécurisée, marque la première venue d’un responsable américain de cette envergure en Haïti depuis 2015.
Antony Blinken s’est rendu à Port-au-Prince deux mois après l’arrivée de policiers kényans, envoyés dans le cadre d’une force internationale destinée à restaurer l’ordre dans un pays en proie à la violence des gangs. Cette mission, tant attendue, a pour objectif de stabiliser la situation sécuritaire afin de permettre une transition politique ordonnée.
Un contexte de violence généralisée
L’arrivée de M. Blinken intervient alors qu’Haïti continue de faire face à des violences exacerbées par des gangs armés. La capitale, Port-au-Prince, a été récemment rouverte aux vols commerciaux, après avoir été fermée à cause des affrontements. M. Blinken, escorté par un cortège blindé, a traversé une ville marquée par des nids-de-poule et une population désespérée.
Au cours de sa rencontre avec le Premier ministre haïtien par intérim, Garry Conille, Blinken a salué les efforts des forces internationales et de la police haïtienne. Il a qualifié ces initiatives de « réels progrès » dans la restauration de la sécurité. « La sécurité est la base de tout ce qui va arriver ensuite, y compris la préparation des élections », a-t-il souligné.
Le Premier ministre Conille a reconnu la complexité de la situation mais a exprimé un optimisme prudent. Selon lui, avec le soutien des partenaires internationaux, Haïti peut atteindre ses objectifs. Il a également salué les progrès accomplis jusqu’à présent.
Une lueur d’espoir au milieu de la crise
Antony Blinken a décrit la situation actuelle d’Haïti comme « un moment de défi et d’espoir ». Il a insisté sur la nécessité de mettre en place rapidement un conseil électoral pour préparer des élections en novembre 2025. Le coordinateur du conseil présidentiel de transition, Edgard Leblanc Fils, a confirmé qu’il espérait pouvoir présenter ce conseil dans les semaines à venir.
Haïti n’a pas connu d’élections depuis 2016, une situation qui a contribué à l’aggravation de la crise politique. Washington considère cette visite comme cruciale pour l’avenir du pays. Alors que le gouvernement haïtien a étendu l’état d’urgence, la mission multinationale d’appui à la sécurité (MMAS), sous commandement kényan, tente de rétablir l’ordre, bien que son déploiement soit limité jusqu’à présent.
Les défis sécuritaires et humanitaires persistent
Malgré l’arrivée de 400 policiers cet été, sur les 2 500 prévus, le déploiement de la MMAS reste limité. Les habitants de la capitale haïtienne perdent patience face à l’absence de résultats concrets. Selon Watson Laurent, chauffeur moto-taxi, « les exactions des gangs se poursuivent et les bandits ne sont même pas inquiétés ».
La venue de M. Blinken coïncide avec une panne d’électricité géante qui paralyse Port-au-Prince. L’électricité a été coupée après que des manifestants ont pris d’assaut une centrale électrique, ajoutant à la complexité de la situation.
Un engagement international nécessaire
Washington, bien qu’il ne fournisse pas de troupes à la force internationale, est le principal contributeur financier de la mission kényane. Antony Blinken a encouragé les alliés des États-Unis à accroître leur soutien pour garantir le financement à long terme de la mission.
Après sa visite en Haïti, Blinken se rendra en République dominicaine pour rencontrer le président nouvellement réélu, Luis Abinader, alors que les relations entre la République dominicaine et son voisin haïtien restent complexes.
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