Le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye dissout l’Assemblée nationale pour des législatives anticipées

Mis à jour le 22 septembre 2024 à 10h10

Le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye, élu en mars dernier avec la promesse d’un changement profond, a annoncé ce jeudi la dissolution de l’Assemblée nationale et fixé les élections législatives au dimanche 17 novembre 2024. Lors de son adresse à la nation, le chef de l’État a souligné la nécessité de disposer d’une majorité stable pour mettre en œuvre les réformes qu’il a promises durant sa campagne électorale.

Cette décision intervient dans un contexte de tension politique, où l’actuelle législature, élue en 2022, est majoritairement contrôlée par les partisans de l’ancien président Macky Sall, rendant difficile la mise en œuvre des réformes souhaitées par Faye. Le président de 44 ans a déclaré que cette dissolution de l’Assemblée était une étape cruciale pour permettre au peuple sénégalais de s’exprimer à nouveau et de lui accorder « les moyens institutionnels » pour mener à bien les réformes qu’il a défendues.

Une majorité hostile et un blocage institutionnel

Dans son discours, le président Faye a évoqué les « blocages » à l’Assemblée nationale qui ont marqué les premiers mois de son mandat, et qui l’ont convaincu de la nécessité de provoquer des élections anticipées. Il a affirmé que la majorité parlementaire actuelle avait pris une position opposée à son projet de transformation systémique, plongeant ainsi le pays dans une impasse institutionnelle.

« Je dissous l’Assemblée nationale pour demander au peuple souverain les moyens institutionnels qui me permettront de donner corps à la transformation systémique que je leur ai promise », a déclaré Faye lors de son allocution télévisée. Il a accusé les députés de la majorité actuelle de promouvoir « le culte du blocage », mettant en péril la mise en œuvre des réformes pour lesquelles il a été élu.

Cette dissolution marque un tournant dans le mandat de Bassirou Diomaye Faye, qui cherche à se détacher de l’héritage de son prédécesseur et à ouvrir une nouvelle ère politique au Sénégal. Les élections législatives du 17 novembre seront cruciales pour déterminer si le président Faye pourra obtenir une majorité parlementaire qui soutiendra ses ambitions de réforme.

Accusations contre la gestion de Macky Sall

Dans son discours, le président Faye a également attaqué la gestion financière de son prédécesseur, Macky Sall. Il a cité un audit récemment soumis à la Cour des comptes, qui révèle selon lui des « dérives » importantes dans la gestion des finances publiques. Il a notamment pointé du doigt une « évolution incontrôlée » de la masse salariale et de la dette, ainsi qu’un mauvais contrôle des subventions.

Faye a promis que le rapport approuvé par la Cour des comptes serait publié dans les jours à venir, signalant ainsi son engagement à instaurer une plus grande transparence dans la gestion des finances publiques. Ces accusations pourraient être un des axes majeurs de sa campagne pour obtenir une nouvelle majorité parlementaire.

Des législatives déterminantes

L’annonce de la dissolution de l’Assemblée nationale et la convocation des législatives anticipées ouvrent une période d’incertitude politique au Sénégal. Le scrutin de novembre sera déterminant pour le reste du quinquennat de Bassirou Diomaye Faye. Sans une majorité parlementaire stable, le président pourrait se retrouver une nouvelle fois confronté à un blocage institutionnel, compromettant ses ambitions de réformes.

Les prochaines semaines verront les différents camps politiques se préparer pour cette bataille électorale, alors que le président Faye tentera de mobiliser le peuple sénégalais autour de son projet de changement.

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