Par IGSNEWS — Impact Global Society News
Suisse, Nov. 2025 — À l’approche de la Journée mondiale de lutte contre le sida, le bilan scientifique et médical offre une photographie bien différente de celle des années 1980. En quarante ans, la compréhension du VIH, les traitements et la prévention ont transformé une infection autrefois mortelle en maladie chronique contrôlable — une évolution portée par des avancées majeures que les spécialistes jugent encore trop peu connues du grand public.
En Suisse, où le pic d’infections atteignait plus de 3 300 nouveaux cas en 1987, le pays n’en comptait plus que 318 en 2024, selon l’Office fédéral de la santé publique. Pour le Professeur Matthias Cavassini, infectiologue au CHUV, cette baisse spectaculaire s’explique en grande partie par l’usage du préservatif, l’arrivée des trithérapies en 1996 et l’adoption croissante de la prophylaxie pré-exposition (PrEP) depuis 2019. Malgré tout, l’expert estime que le niveau actuel reste trop élevé pour un pays disposant d’outils de prévention efficaces.
Les traitements antirétroviraux ont également fait basculer l’espérance de vie des personnes vivant avec le VIH. En bloquant la multiplication du virus, ils permettent au système immunitaire de se rétablir et redonnent aux patients une espérance de vie comparable à celle de la population générale. Pour les spécialistes, ce sont désormais les maladies fréquentes dans la population — cancers courants et pathologies cardiovasculaires — qui constituent les principales causes de décès chez ces patients, et non le sida lui-même.
Autre avancée majeure : une personne vivant avec le VIH dont la charge virale est indétectable grâce au traitement ne transmet pas le virus. La Suisse a été le premier pays à affirmer publiquement ce principe en 2008, aujourd’hui largement confirmé par les études internationales. Pour les médecins, ce message reste toutefois insuffisamment ancré dans la société, alimentant encore peur, stigmatisation et idées reçues.
Ces progrès ont également révolutionné la maternité pour les femmes séropositives. Sous traitement, le risque de transmission au bébé tombe sous la barre de 1 %. Si la charge virale est indétectable, l’accouchement par voie basse est possible et l’allaitement est désormais autorisé en Suisse. Des pratiques impensables il y a vingt ans.
Enfin, depuis 2024, la prise en charge de la PrEP par l’assurance maladie marque une étape clé pour la prévention. Environ 7 000 personnes y ont recours en Suisse, principalement des hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes et des travailleuses du sexe. L’efficacité de ce traitement préventif est clairement démontrée, avec une baisse notable des infections dans ces groupes. Les spécialistes insistent toutefois : toute personne exposée à un risque peut en discuter avec son médecin.
À l’heure où la lutte contre le VIH progresse, les experts rappellent que le dépistage reste un pilier essentiel et trop peu pratiqué. Les victoires sont indéniables, mais elles ne peuvent produire pleinement leurs effets sans une meilleure sensibilisation du public et un engagement continu en matière de prévention.
Avec les informations de AFP.








